
C’est un peu comme si Paris et sa région avaient gagné au loto ! Car, sans partir dans de grandes envolées lyriques, c’est une fée qui s’est penchée, en cette morose rentrée, sur le berceau Parisien avec, au bout de sa baguette, un dodu jackpot estimé aux alentours d’1,5 milliard d’euros… (*) Une manne exceptionnelle qui ferait passer Beyoncé pour une petite chanteuse de country, avec « seulement » 150 millions de retombées économiques à l’occasion de ses 3 concerts en juin dernier. Et à la battle, il n’y a pas photo… car si d’autres artistes, dont Taylor Swift, sont récemment montées sur le podium de la bankabilité mondiale, Céline Dion reste historiquement… la queen ! Une queen qui a réussi à mettre Paris à ses pieds, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ou plutôt le chanter, puisqu’avant même qu’elle n’attrape son micro, on a assisté à une phénoménale grand-messe populaire couplée à une frénésie marketing s’ajoutant au merchandising officiel, avec de nombreuses marques en quête d’une petite part du (gros !) gâteau de la Célinemania.
Pop-up de goodies en tout genre dédiés à la diva aux Galeries Lafayette, capsule exclusive de T-shirts à son effigie pour l’enseigne de prêt-à-porter Maje, coffret de macarons estampillés Céline Dion du côté du pâtissier Pierre Hermé, produits divers logotypés en tête de gondole chez Leclerc et Auchan, etc. Il y en a pour tous les goûts et, avec entre 10 à 20% reversés à l’idole… pas de doute Céline sait aussi manier la calculette ! Sans oublier tous ces à-côtés, pas toujours monnayés, générant d’incroyables retombées en termes d’image : de ses tenues haute-couture savamment choisies à chacune de ses sorties d’hôtel, du Royal Monceau justement qui bénéficie de la plus belle pub qui soit, de la Plenitude Arena (ex-Paris La Défense Arena) qui a remporté la mise, au nez et à la barbe du Stade de France et de l’Accor Arena, en s’octroyant la meilleure des rampes de lancement pour son nouveau naming, de la vasque Olympique qui, sous la houlette d’EDF, s’envole depuis les Tuileries au son de L’hymne à l’amour en affichant un message de la star, du Grand Rex qui organise un karaoké XXL ou encore de certaines stations de métros et RER au sein desquelles Île-de-France Mobilités a installé des affichages événementiels, photocall, etc.
Cet engouement marketing, populaire, médiatique est tout simplement hors normes ! Il faut dire qu’après six ans d’absence (pour cause de pandémie et de maladie) avec une seule apparition publique lors des JO, ce come-back savamment orchestré s’est nourri de désirabilité et de rareté. Et, on le sait, ce qui est rare prend toujours de la valeur, devient souvent convoité et crée, de fait, de la demande. Même l’accessibilité et la familiarité de l’artiste qui offre à chacune de ses sorties publiques, avec une étonnante générosité et une désarmante sincérité, du temps et de l’attention à ses fans, n’émoussent pas cette désirabilité qui s’en trouve nourrie. Qu’on l’aime ou non, Céline Dion est une bête de scène devenue une virtuose de la com maitrisant parfaitement l’exceptionnel, l’expérientiel et l’événementiel !
(*) estimation Natixis et Choose Paris Region, en retombées totales de la résidence Parisienne des 26 dates

