Quelque chose à vous dire

Bertrand Biard, Vice-Président attractivité & engagements chez WMH Project

« Aller au bout de mes envies dans ce métier, en accompagnant un groupe ambitieux »

Après vous êtes fait plutôt discret, vous voici de nouveau au-devant de la scène…

« Je n’en suis jamais vraiment parti mais, c’est vrai que j’étais dans une phase de questionnement : beaucoup d’idées et d’ambitions et pas le véhicule pour les driver… J’avais envie de passer à la vitesse supérieure et de réaliser une conviction et un projet qui m’animent de longue date : la construction d’un groupe de communication majeur, qui soit construit à partir et autour des expertises événementielles. Un leader qui ait vraiment quelque chose de nouveau à apporter au marché et qui ait un véritable engagement d’utilité sociale et sociétale. Dans le paysage actuel, la seule entreprise que je pense capable et déterminée à construire un groupe de communication leader, alternatif et engagé, c’est WMH Project.

On ne peut être qu’admiratif de l’évolution tellement discrète de l’agence FC2, devenue en quelques années le Groupe WMH Project, avec dernièrement l’acquisition de LDR, une des belles marques événementielles Françaises. Aujourd’hui pourtant, peu de gens savent que c’est déjà le plus grand groupe événementiel indépendant en France avec 300 collaborateurs répartis à Paris, Lyon, Bordeaux et Bruxelles et 145 millions d’euros de CA en 2022. Alors que le contenu de mes discussions avec les co-fondateurs Marc Fischer et Franck Chaud résonnaient avec la plupart de mes envies et de leurs besoins et, que je n’étais plus en phase avec mes associés de Manifestory, je n’ai pas mis longtemps à décider de les accompagner dans ce projet de développer, en France et en Europe, un groupe de communication puissant, utile et engagé. »

Sans avoir envie d’intégrer Manifestory ?

« Comme je vous l’ai dit, dans une histoire d’entreprise, il arrive que des associés ne partagent plus les mêmes convictions. Pour ma part, j’étais au bout de l’aventure possible avec Manifestory. Le deal que j’ai fait avec Marc et Franck s’est construit sur une volonté commune d’agréger des idées, des envies et des compétences, plus que des moyens. Ils me l’ont donc proposé mais pas imposé. De mon côté, je voulais pouvoir contribuer librement et rapidement à l’intelligence collective du Groupe pour construire son avenir, plus que de passer du temps et de l’énergie à engager et piloter l’intégration d’une structure qui, par ailleurs, s’est orientée vers d’autres métiers. »

Quel est précisément votre rôle ?

« Tout d’abord je rejoins un mouvement collectif déjà bien engagé. Je dirais que beaucoup est fait et que tout est à faire ! Le périmètre du groupe s’invente en avançant sur la base d’un potentiel déjà bien stabilisé sur 2 de ses 4 métiers (event & e-event et incentive & corporate travel) et de fortes ambitions de développement sur les 2 autres (spatial design et publics relations). Je rejoins aujourd’hui le comex en tant que Vice-Président attractivité & engagements. Mes principales missions à date sont, sur la partie « attractivité »: le pilotage de la croissance externe, la contribution à l’attraction du Groupe (pour ses clients, ses partenaires, ses talents) et le développement de l’activité publics relations en France. Pour ce qui concerne les sujets « d’engagements », je vais animer la concrétisation d’un des éléments de différenciation fondamentale du groupe demain : une très forte ambition en matière d’engagements sociaux et sociétaux. Le groupe a beaucoup travaillé déjà, et va continuer à le faire, sur ses engagements écologiques, mais nous souhaitons également porter un véritable engagement au service de la Société, au sein de notre écosystème et en cohérence avec nos savoir-faire. Nous avons d’ailleurs décidé d’engager le Groupe WMH Project dans une démarche d’entreprise à mission, qui contribuera à éclairer notre plan de croissance. Bien sûr, et c’est ce qui m’a plu, tout cela s’inscrit dans un plus vaste projet collectif et je découvre depuis quelques jours des associés historiques, un comex, des dirigeants et des équipes avec énormément d’énergie, de détermination et de lucidité. Comment ne pas être très excité par un tel champ des possibles, d’autant plus que je m’insère bien évidemment dans le calendrier que s’était fixé le groupe d’une feuille de route définie au printemps. »

Vous parlez d’un projet à dimension européenne, à quels groupes WHM Project pourrait, à l’avenir, être confronté ?

« Si l’on met à part nos voisins anglo-saxons, je ne vois qu’un seul acteur véritablement européen, et même mondial, dont le savoir faire se soit construit sur des assets événementiels : le groupe suisse MCI. Mais, il y a bien sûr par ailleurs de très beaux groupes nationaux en Allemagne, en Espagne, en Italie mais assez peu d’initiatives de déploiement sur plusieurs pays… C’est logique, les cadres principaux de nos métiers sont culturels et réglementaires et donc très territoriaux. Il est donc plus efficient sans doute de raisonner en logique de réseaux d’opérateurs domestiques.

L’ambition de nous projeter en un leader européen, ce n’est donc pas tant un enjeu d’image ou de ranking mais plutôt d’une capacité réelle de pouvoir accompagner des clients internationaux sur leurs dispositifs de communication régionaux.

Nous sommes en train d’en poser une première brique avec la finalisation d’un réseau d’agences PR européen, qui sera brandé par le groupe et animé par WMH Project Brussels.»

Revenons sur l’ambition d’être une agence dite différenciante…

« Comme je vous l’ai dit, le Groupe a décidé de devenir entreprise à mission. Nous travaillons donc sur sa raison d’être, avec des approches novatrices pour un groupe de communication et que nous annoncerons bientôt. Une des caractéristiques très originale et inspirante que j’ai découverte chez WMH Project, c’est la volonté permanente de construire une entreprise qui s’applique vraiment les conseils qu’elle prodigue à ses clients. Quelques exemples: installer son siège tour Alto à La Défense, c’est se positionner au coeur d’un centre économique et proche de ses clients mais c’est aussi s’implanter dans la 3e tour la plus HQE d’Europe avec un vrai mix qualité de vie/respect écologique pour ses collaborateurs; s’agissant de l’activité « incentive & corporate travel » également, comment être cohérents entre une obligation de conseil RSE au titre de notre certification ISO 20121, et le fait de développer des activités de déplacements de collaborateurs dans le monde ? Nous venons de mettre en place un partenariat exclusif, totalement inédit, avec la plateforme de tourisme eco-responsable FairMoove pour développer des approches et des produits en ligne avec les recommandations écologiques du GIEC et novatrices en termes de bilan sociétal. De la même manière, nous travaillons à inscrire notre développement dans le cadre de la structuration d’engagements sociaux et sociétaux qui seront portés par la valeur ajouté du groupe, de ses collaborateurs, et même, pourquoi pas, de ses partenaires et de ses clients. »

Question plus personnelle, êtes-vous tenté de ré-endosser une « casquette filière », du côté de Lévénement Asso par exemple ?

« Alors très clairement, « ré-endosser » ne fait pas du tout partie de mon vocabulaire. Et, par ailleurs, j’ai toujours considéré les casquettes pour ce qu’elles sont : accessoires.

Ce qui guide toujours ma vie et mes choix, c’est d’abord une conviction et une envie, puis une vision et l’enthousiasme d’embarquer le plus grand nombre pour les réaliser. Aujourd’hui, mon moteur, c’est très clairement de participer à des projets qui soient collectifs, audacieux, ambitieux dès lors qu’ils contribuent, à leur niveau, à permettre à des gens de mieux vivre ensemble.

Donc après 9 ans de présidence de Lévénement et 4 ans de vice-présidence d’Unimev – en finissant par un épisode plutôt intense pendant la crise Covid – je pense avoir apporté ce que je pouvais à nos structures interprofessionnelles. De plus, WMH Project n’est pas en reste de contribution à la filière avec Muriel Blayac et Marc Fischer au CA de Lévénement. Mais bien sûr, et sans avoir besoin d’enfiler une casquette, je serai toujours présent s’il y a besoin d’apporter une voix ou regard sur cette belle filière du lien. »

Quel regard portez-vous précisément sur le marché ?

« Après une quasi mort clinique de 2 ans, il est revenu à la vie hyperactif et euphorique… C’est le côté toujours excitant et toujours inquiétant de nos métiers, que d’être extrêmement réactifs à l’environnement. Et, c’est en fait rassurant de voir que LE média de l’émotion et du lien social est sensible à l’univers économique, culturel et social qui l’entoure et auquel il contribue. Cela démontre bien que nos approches sont sincères, nos savoir-faire connectés et que nos outils ne sont pas fake ou hors-sols. S’agissant de perspectives à moyen terme, on est forcément un peu dans un exercice de prédiction entre des signaux négatifs forts que sont notamment l’inflation, le climat social ou la guerre en Ukraine et de l’autre côté, une envie et un besoin profonds des entreprises, comme des citoyens, que « tout se mette soudainement à aller mieux.

J’ai le sentiment que  nous allons voir se maintenir cette activité très dynamique de notre secteur mais, également, le climat instable et éprouvant dans lequel nous opérons depuis plusieurs mois. Les grosses échéances événementielles de 2023 et 2024 sont un enjeu très fort et garant que notre secteur d’activité va rester très actif pour pouvoir délivrer ses promesses nationales et internationales. De même, les entreprises ont plus que jamais besoin de dispositif évènementiels pour embarquer, convaincre, rassurer ou expliquer leurs projets à leurs communautés, psychologiquement et physiquement souvent éloignées.

Dans le même temps, le problème des ressources reste préoccupant… Si le grand mercato des compétences entre sociétés semble baisser un peu de régime, on voit malgré tout qu’il reste des besoins en compétences non pourvus dans les projets actuels ou à venir dans les 2 prochaines années. L’attractivité de nos métiers et de nos entreprises, le sujet des formations initiales et continues est particulièrement sensible pour pouvoir générer des montées en compétences quasi immédiates dans beaucoup de métiers.

Un des gros enjeux de notre secteur pour les 2 prochaines années devrait donc être, majoritairement, la capacité à délivrer et c’est clairement là que les préoccupations des clients vont à juste titre se concentrer. Une raison supplémentaire de faire émerger de nouveaux acteurs qui soient solides mais qui envisagent également leur croissance en responsabilité et en solidarité avec leur écosystème… ».

 

 

 

 

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