En deux mots

Essentiel événementiel

Tout a été dit, tout a été écrit… La claque inattendue et violente, a laissé la filière événementielle, ainsi que beaucoup d’autres, sonnée et exsangue. Il y a pourtant, dans ce long et noir tunnel, quelques lueurs qui se sont mises à briller et pourraient éclairer le chemin d’après. Pour notre filière, ce sera en tout premier lieu le fait que les organisations pros (*), parfois divisées, ont su faire front toutes ensemble sous l’impulsion de Lévénément Asso qui, dès le début de la crise, a pris le taureau par les cornes avec beaucoup de détermination. Saluons, à ce titre, l’implication sans faille et l’immense boulot de Bertrand Biard qui a incarné le visage de la filière obtenant finalement, lors de cette période, le graal tant espéré :  la reconnaissance des pouvoirs publics et sa vraie place en tant que secteur économique stratégique ayant besoin de soutien pour pouvoir participer au rebond. Un grand pas en avant dans lequel l’empreinte de Patrice Bégay de Bpifrance – qui n’a pas ménagé ses efforts pour soutenir financièrement les entreprises mais aussi clamer haut et fort le rôle économique et social majeur de la filière – a également compté et contribué à faire avancer cette légitimation. En second lieu, il faut plus que jamais garder foi en tous ces acteurs événementiels ayant déjà prouvé leur résilience et capacité d’adaptation lors d’autres crises et qui ont pu, durant celle-ci, prendre enfin le temps de repenser leurs offres et réfléchir à de nouvelles propositions tant en termes de formats que de contenus. Ne dit-on pas A quelque chose malheur est bon ? Et il y a, à ce titre, une grosse attente de la part des annonceurs dont la majorité a reporté et non annulé ses manifestations dans la mesure du possible. Ils n’ont visiblement pas l’intention de se passer de l’événementiel, même s’ils vont devoir faire face à une baisse drastique de leurs budgets com due à l’effondrement du chiffre d’affaires de leur entreprise (Cf. interviews dans rubrique Quelque chose à vous dire). Bien que beaucoup ne sachent pas encore très bien quel visage aura leur stratégie événementielle – les besoins n’ayant pas foncièrement changé mais les modalités si – tous s’accordent à dire que rien ne remplacera la rencontre ni la relation physique avec leurs communautés et que l’humain demeurera au centre de leur communication. Une certitude qui minore d’emblée le débat s’étant tout naturellement lancé entre présentiel et virtuel. Car, si le dernier tient forcément la corde en ce moment de distanciation physique (télétravail, vidéo conf voire événement connecté) et peut espérer trouver à l’avenir meilleure place dans les stratégies événementielles – dont il est une indéniable et indispensable composante – il ne pourra pas détrôner la rencontre. Elle demeure essentielle. En revanche, elle devrait considérablement évoluer. Moins pour mieux ? Plus d’exceptionnel et moins d’habituel ? Plus de mix et d’hybridation, à condition que le digital apporte une vraie plus-value et ne se contente pas de transposer le réel ? Encore plus de créativité, de sens, d’expérience et de personnalisation ? Moins de déplacements coûteux et peu éco-responsables ? Autant de questions auxquelles il va falloir trouver des réponses afin de relancer, au plus vite et au mieux, le média événementiel. En attendant, en l’absence de visibilité pour impulser cette nouvelle donne, il va falloir continuer à prendre son mal en patience, trouver le moyen d’être optimiste, faire perdurer cette solidarité et prouver l’agilité de tout un secteur désormais reconnu comme étant incontournable socialement et économiquement.

(*) Lévénement Asso, Unimev, Synpase, Créalians, Traiteurs de France, France Congrès et Evénements, Coésio Congrès

 

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